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  • Photo du rédacteurSophie Perdrix

Le gaspillage durable ne peut pas durer - indigestion de greenwashing

Dernière mise à jour : 14 févr. 2023

Ces dernières années, j'ai drastiquement diminué mon temps passé dans les magasins. Quand j'y déambule à l'occasion, je suis d'autant plus frappée par l'évolution de la communication. Tout est de plus en plus durable, green, écofriendly et j'en éco-passe... Toutes les étiquettes ont passé à la couleur verte et mentionnent l'origine biosourcée de la matière recyclée tout en assurant une production équitable. On a presque l'impression que "faire les soldes" est devenu un engagement citoyen écosolidaire... Vraiment?



Cette manière de tout repeindre en vert, de surfer sur la nécessaire prise de conscience de la crise écologique sans véritablement changer le fond du problème s'appelle de l'éco-blanchiment (greenwashing). Afin d'alerter sur cette tendance, le collectif étudiant "Pour un réveil écologique" a ainsi lancé ces dernières années un "calendrier de l’Avent du greenwashing". On y trouve des publicités pour des vol en avion qui plantent des arbres, des SUV qui soufflent de l'air pur et des entrepôts amazone neutre en carbone...Quelques perles sont à découvrir ici.


En effet, nous sommes dorénavant inondés de matériel "durable". Un phénomène que l'on peut associer à la durabilité dite "faible". Cette dernière est arrangeante car elle part du principe que les ressources naturelles sont remplaçables par du capital artificiel. Par exemple, s'acheter un arbre pour le planter effacerait "tout naturellement" l'impact causé à l'environnement par la construction d'une voiture. Pratique hein? Mon exemple est légèrement résumé mais c'est aussi les arguments absurdes que l'on nous vend à longueur de publicités; "Continuez à consommer, nous payons (avec vos sous) pour compenser les dégâts (irréparables) causés à l'environnement".


Je ne crois pas trop m'avancer en affirmant qu'en 2023, la durabilité dite "forte" n'est pas encore d'actualité. Celle qui n'achète pas l'écologie pour pouvoir continuer à surproduire et à détruire nos conditions de vie. Celle qui ose questionner les modes et la quantité de production tout en prenant soin des ressources. Non, en 2023, les émission de CO2 continuent d'augmenter, au rythme de l'idée que nous nous faisons de nos besoins. Pourtant, entre produire plus et polluer moins, il va falloir choisir (4ème de couverture de l'ouvrage de Timothée Parrique "Ralentir ou périr").


Il y a du pain sur la planche pour avancer vers une représentation collective de l'écologie qui remette en question le modèle dominant du nécessaire gaspillage destructeur "pour faire tourner l'économie".

  • Et si nous envisagions de produire moins de choses inutiles, polluantes et fabriquées dans des conditions de travail indécentes?

  • Et si nous commencions collectivement une réflexion de fond sur nos véritables besoins pour vivre une vie véritablement bonne et juste pour toustes sur une Terre en bonne santé ?

  • Et pour commencer, pourquoi pas acheter moins (mais mieux!)?

 

Pour aller plus loin:

Hasard du calendrier, le débat sur l’(in)efficacité du système des compensations carbone a justement fait la une du dernier matin dimanche.

Pour une lecture plus scientifique de cette thématique: La compensation carbone: illusion ou solution? Par Augustin Fragnière

Vous y trouverez cette définition : "La compensation carbone est un artefact économique à l’usage des collectifs et des particuliers. Elle entend contrebalancer des émissions de gaz à effet de serre par le financement de projets techniques réduisant d’autres émissions comparables."










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